Bon allez, après avoir pas mal tergiversé et avoir été très influencée (elle se reconnaitra), je me décide enfin à entamer un blog .Je préviens tout de suite que ce blog ne sera pas très consistent mais plutôt un condensé de posts à l’emporte-pièce pour retranscrire de manière organisée et illustrée les notes griffonnées sur mon carnet de route. Ainsi, à travers mes pérégrinations, j'espère procurer une bouffée d'air frais et vous donner envie de larguer les amarres.

Pourquoi ce TDM ?

-Parce que lors d’un voyage en Argentine, j’ai eu la chance de rencontrer un tas de gens intéressants "tourmondistes" qui m’ont donné l’envie irrésistible de m’y essayer (il se reconnaitra).

-Parce que je vis ma vie à l'envers, ou plutôt je vis ma liberté, en toute objectivité. Puis la retraite je n'en verrais pas la couleur alors autant la savourer tant que je suis jeune, dotée d' une énergie et d'une curiosité débordantes.

"Vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie", tel est mon crédo.

-Parce que le voyage est aussi intérieur, il apporte des indices à cette quête éternelle du soi et dévoile souvent de nombreuses révélations.


Allez, hop, on charge la carapace, la maison pour les mois à venir, on n'oublie pas le sésame pour franchir les frontières, les yeux tendus vers l'horizon, c'est parti!

mercredi 11 août 2010

Chapitre II : sous les latitudes asiatiques Partie I : Tokyo, Yokohama, Nagoya



Partie I : Tokyo, Yokohama, Nagoya  
Apres une escale de 4h à LA, on s’envole enfin vers le pays du soleil levant. A bord du vol opéré par Singapour Airlines, notre première approche de la cuisine japonaise laisse promettre à notre palet quelques moments de plaisir. 11h de vol plus tard, nous atterrissons enfin sur  le sol tokyoïte dans la soirée mais n’ayant pas trouvé d’hôtes et les quelques hôtels abordables ayant été pris d’assaut, ce soir ce sera système D: nuit à l’aéroport. 1ere chose atypique, les toilettes très sophistiquées, avec de la musique qui joue des sons de chasses d’eau, assez spécial mais comme il est impolis de faire du bruit en urinant, c’est un bon moyen de contourner le problème.
Après avoir sillonné les recoins de l’aéroport, je parviens à trouver du wifi et à réserver une chambre pour le lendemain à un prix (68€/nuit)  bien au dessus du budget qu’on s’est fixé mais nous n’avons pas le choix. La nuit à l’aéroport s’avère moins facile que dans les autres aéroports, les mecs de la sécurité sont assez suspicieux et nous ainsi que les quelques personnes amenées aussi à squatter les lieux pour prendre un vol très matinal, devrons montrer notre passeport pas moins de 3 fois. On tape la discut’ à 2 américaines dont le vol a été annulé avant de trouver enfin le sommeil. Par contre je dois dire que j’ai beaucoup apprécié le fait qu’ils éteignent les lumières, c’était très calme, aucun passage de machine de nettoyage au bruit strident et détail important des sièges sans séparation. Je commence déjà à apprécier le Japon. Debout à 7h, première mission: échanger de l’argent ensuite prendre un p’tit déj et enfin après 2 nuits pas très confortables (sans compter celles passées sur le sol de notre dernier hôte à NYC), on s’offre 10 min dans un fauteuil massant. 
le Mc Do nippon
Il est temps de partir enfin vers le centre de la capitale où nous passerons 4 jours. Le trajet en train est un vrai retour vers notre enfance, j’ai l’impression de me retrouver dans un de ces dessins animés japonais que j’avais l’habitude de regarder étant petite, les résidences, les vélos bien rangés du coup je ne suis pas étonnée, je me sens comme en terrain connu. J’ai des images de « Lucile amour et Rock’n Roll » qui me reviennent soudainement à l’esprit et je réalise que toute mon enfance infusait dans la culture japonaise à coup de doses quotidiennes de dessins animés. 

Arrivés à l’hôtel dans le quartier de Ueno, nous découvrons une chambre style japonais, lit futon, yukata (kimono légers et informels), bouilloire et matcha (the vert en poudre), sandales et rasoirs voila de quoi se compose notre chambre petit format où nous avons à peine la place de disposer nos fardeaux. Ceci dit c’est très propre et cosy. 



Epuisés mais en même temps excités à l’idée de découvrir la ville, on trouve l’énergie pour aller explorer Tokyo de suite. L’air est très chaud et humide, on frise les 40°C. Nous optons pour un Day-Pass sur les grandes lignes de métro que nous comptons bien rentabiliser, sinon pour les bus et le métro, on paye par rapport à la distance parcourue, système assez juste finalement.
Le métro (ou Densha) est très propre et moderne, il y a même des wagons roses réservés aux femmes qui sont souvent victimes des mains baladeuses dans le métro bondé. Le sport national dans le densha est la sieste, courbé en avant, laissez votre tête tombée comme pour toucher votre poitrine avec votre menton. J’avoue avoir aussi adopté l’attitude à certain moments. Celui qui a le plus la classe dans le train, c’est le conducteur, costume qui tombe parfaitement et les gants blancs. On reconnait là le gout des japonais pour l’uniforme. Une autre chose assez marrante : les japonais mettent des couvres livres lorsqu’ils lisent dans le métro. 
1er arrêt: les jardins impériaux avec ses arbres magnifiques aux formes atypiques et la pelouse qui prend des tons vert fluo. 




On a déjà pu observer les pauses typiques des japonaises avec les 2 doigts n’est pas une caricature, ils font vraiment ça !
Pause déjeuner dans un petit resto modeste d’une rue peu fréquentée afin de gouter à la cuisine locale. 
Sans surprise, on arrivera à se faire comprendre qu’au moyen du langage des signes. Il faut dire qu’il y a peu d’anglophones ici et je dois avouer qu’il n’est pas facile de comprendre leur anglais. Une fois ce très bon repas avalé, nous partons digérer en se perdant dans les petites rues épargnées des touristes, on se sent vraiment en immersion dans la culture japonaise, tout est nouveau et tellement différent de l’Occident. 


Les japonais conduisent des « cubes roulant », comme dans « Professeur Lump », les taxis eux par contre sont similaires aux taxis américains. 
Les portes s’ouvrent automatiquement, il vaut mieux ne pas l’ouvrir soi même au risque de se la prendre dans le ventre et ne pas passer trop près sur les trottoirs des fois que la porte s’ouvrirait. On se dirige vers la tour de Tokyo, une sorte de réplique bicolore de la Tour Eiffel mais ça ne se compare pas. 
On se rend ensuite au Tsukiji Hongan-ji Temple, à l’intérieur, l’atmosphère est très sereine, on assiste à une messe bouddhiste, l’ambiance zen garantie, c'est moins chiant que la messe chrétienne et au moins on n'y menace personne d'aller cramer en enfer..




Lessivés, on rentre enfin à l’hôtel vers 18h où je m’écraserais littéralement sur le futon. Réveillée à 1h, plutôt fraiche, je ne me rendormirais pas avant 8h du mat’, ce décalage horaire est terrible. N’ayant réservé qu’une seule nuit et l’hôtel étant complet la nuit prochaine en raison du festival des feux d’artifices, nous laissons nos bagages à l’hôtel. Nous partons nous promener dans le même quartier, notamment du côté du marché.

Vive le recyclage!
et dans le quartier d’Asakusa sur la grande place où se concentrent plusieurs pagodes, sanctuaires et temples bouddhistes dont le temple Senso-ji, le plus ancien de Tokyo, avec ses portes monumentales, c’est magnifique malgré la horde de touristes qui s’agglutinent dans les monuments. Il viennent faire des offrandes afin d’accéder à leurs intentions les plus nobles. 



Un truc étonnant c’est la taille des corbeaux, ils sont énormes, ils doivent bien faire trois fois la taille des corbeaux français. Par contre le temps est toujours aussi lourd et je peine à marcher plus de 10 minutes sans faire une halte.
On s’accorde une pause déjeuner dans un restau traditionnel et c’est juste un délice pour les papilles. 

Yummy!!
3h plus tard nous sommes de retour à l’hôtel pour récupérer nos bagages et là coup de chance, le réceptionniste nous annonce qu’une chambre vient de se libérer, c’est parfait, nous n’auront pas a faire la tournée des hôtels lestés de notre carapace. Nous partons vers le centre ville, montons au 47ème étage (avec ascenseur) des tours jumelles est et ouest de la mairie pour observer la vue panoramique sur la ville dont on peut apprécier l’étendue. 





Nous enchainons avec un autre parc où nous avons la bonne surprise d’apercevoir un couple de mariés au cours de la cérémonie, ambiance très solennelle.

De là, on se rend vers le quartier le plus animé de Tokyo, Shibuya, THE quartier branchouille, une sorte de Times Square à la japonaise. Des tas d’écrans géants illuminés, de magasins d’électronique, sex shops, etc…





 
 
C’est une vraie fourmilière et c’est impressionnant de voir le flux de personnes se croisant aux passages piétons, d’ailleurs il parait que ce sont les plus grands au monde. Le grand événement de ce soir pour les locaux, c’est le feu d’artifice. Nous sommes en plein été et c'est donc la période des matsuris et des hanabis (littéralement "fleurs de feu"). Plein de feux d'artifices à voir un peu partout, avant de traverser des rues bondées et s'asseoir sur un sol bondé pour observer le spectacle. Un feu d'artifice au Japon, c'est un peu comme on pourrait le raconter dans une histoire drôle : toutes les 10 secondes une fusée part, explose, et tout le monde fait "ooooh" en même temps. 
La rue principale d’où l’on peut observer les feux est vraiment bondée et la vue est plus que limitée par les immeubles, la police ayant bloqué l’accès aux rues environnantes, nous ne restons pas très longtemps. Les Japonais assistent aux Hanabis pour soi-disant se détendre, mais il n'en reste pas moins qu'y arriver, et surtout en repartir relève du challenge! 
un mix de blue et excentricité  croisé dans la bouche de métro
Exténuée j’abandonne Rémi qui repart voir la tour de nuit et m’écroule sur le lit et m’endort instantanément comme toujours depuis le début de ce voyage. 



Le lendemain nous quittons l’hôtel, vrai gouffre financier, pour déposer notre attirail dans les consignes d’une station de métro de Shinjuku. On part marcher un bon moment sur les quais d’où l’on peut admirer la ville. La chaleur est toujours aussi pesante. Petite pause déjeuner dans un restau d’une petite rue épargnée des touristes. Les serveurs ne parlent pas un mot d’anglais et on réalise qu’il faut cuisiner soit même le repas sur la grande plaque chauffante intégrée dans la table. 




On reste un peu perplexes, étant complètement novices dans la préparation des mets japonais, on demande de l’assistance et là  j’ai vraiment cru revoir un épisode de dessin animé japonais, très bon moment! Le ventre bien rempli, nous partons visiter le grand jardin japonais de Tokyo où l’on a pu découvrir des espèces d’arbres encore jamais rencontrées. Ce parc est aussi l’endroit idéal pour trouver un peu d’ombre et la musique qu’ils diffusent dans tout le parc nous plonge dans un bain de détente. Ce jardin illustre encore la beauté des jardins Japonais dans un cadre très "luxe, calme et volupté". Mais à force de voir des belles choses pendant 3 jours, on finit même par s'en lasser!






Retour vers le quartier de Shibuya et de nuit c’est encore plus impressionnant, beaucoup plus animé. Ce qui est aussi fascinant de voir dans ce quartier c’est la manière dont s’habillent les gens, c’est un vrai défilé de tout ce qu’il y a de plus diversifié, en particulier les filles qui portent souvent des tenues vulgaires ou du genre soubrette dévergondée.






En se promenant dans les petites rues de ce quartier, on trouve beaucoup de love hôtel. C'est un hôtel à thème où les couples légitimes ou illégitimes se rendent pour avoir une totale intimité et passer un bon moment. Il faut savoir qu’au japon les murs sont aussi épais que du papier cigarette, bref on entend tout. En plus, les enfants sont chouchoutés, les parents agencent plusieurs lits cote a cote, la mère dort à une extrémité, les enfants au milieu et le père a l'autre bout, vers la porte car souvent il part travailler tôt le matin. Donc question intimité du couple, peut mieux faire. Ces hôtels ouvrent l'apres midi et vous pouvez louer une chambre à l'heure, et le soir vous pouvez y passer la nuit. 



 
























Pour diner, on opte pour Subway très curieux de savoir à quoi ressemble le Veggie Delight à l’avocat et aux crevettes qui s’avèrent très bon, pour autant on préfère quand même la cuisine traditionnelle japonaise. 

Il est temps de trouver notre toit pour ce soir, un cybercafé/karaoké! Une fois le lieu trouvé, nous réservons un box pour 7h (15€ seulement) et partons chercher nos affaires à la station de métro mais nous mettrons plus d’1h à vadrouiller dans la mauvaise station pour les récupérer car Rémi était persuadé de les avoir laissé dans une certaine station avant que je le persuade de suivre mon instinct. 
 on a croisé la voiture de Nicky Larson
Finalement on est enfin de retour au cyber vers 22h.
On est dans des box individuel avec ordi, TV et consoles de jeux.
Les fauteuils ou banquettes sont super confortables à tel point qu’on peut y passer la nuit. Les manga sont consultables a volonté et les boissons (thé,cafe,soda...) ou même soft ice cream sont en libre service et gratuites ainsi que les douches et WC. Il parait que certains étudiants n'ayant pas les moyens de prendre un appartement vivent dans les cybercafés. C’est aussi un moyen pour les ados de passer une nuit à un prix loin de la promiscuité du foyer familial. En tout cas c'est tout confort, enfin je me plains pas, j’ai plutôt bien dormi, en revanche ce n’est pas le cas pour Rémi qui n’a pas pu étendre ses jambes entièrement, bah oui les box sont au format japonais. Nous quittons notre chambre très virtuelle à 7h pour prendre un train pour Yokohamma. Nous découvrons la facette matinale de Shibuya, c’est étrangement calme par rapport à la nuit dernière. Apres 1h passée dans un train bondé, nous arrivons à yokohamma. Nous déposons nos sacs dans des consignes en prenant soin de bien repérer l’aile de la gare. Un peu d’histoire sur Yokohama, en 1858 la signature du traité de commerce américano-nippon ont mis fin à 300 ans de fermeture quasi-totale du Japon sur l'extérieur, déclenchée par une volonté un peu trop affichée des occidentaux et de leurs missionnaires à vouloir transformer l'archipel en colonie. Pendant 300 ans, le Japon vivait replié sur lui-même.
La réouverture fût difficile et causa une guerre civile qui déchira le pays. Mais le Japon devait se rendre à l'évidence : le repli l'avait peut-être sauvé d'une éventuelle colonisation, mais il l'avait également condamné à rester sous un modèle de société féodale, alors que toutes les grandes nations mondiales étaient déjà industrialisées et disposaient d'armées puissantes et modernes. Il fallait vite rattraper ce retard.
Le Japon de l'ère Meiji multiplia alors les échanges culturels avec l'extérieur, et particulièrement avec les pays occidentaux dont il voulait acquérir le modèle industriel et militaire. Des étudiants Japonais furent envoyés dans le monde occidental, et de nombreux occidentaux furent invités au Japon - chose qui était impensable à peine quelques années auparavant, tout étranger pénétrant dans le pays étant alors puni de mort immédiate!
Yokohama, en tant que grand port et grande ville, reçut nombre de ses hôtes venus de très loin. Nous marchons un long moment avant d’atteindre le port où l’on peut observer la structure imposante d’un bateau en bois verni. 


Au bout du pont pédestre se trouve un centre commercial assez sympa avec notamment un magasin de figurines et d’objets très originaux, je ne résiste pas à me laisser tenter mais je me limite quand même au risque de flinguer le budget. A part ça on trouve entre autres un magasin de crocs (dont les japonais raffolent) et un pet shop, magasin de vêtements et accessoires pour animaux de compagnie, que certains imposent à leur chien.  
Nous repartons vers le centre-ville pour déjeuner et notamment le quartier chinois où pour le coup le dépaysement est véritable, on se croirait vraiment en Chine avec tous les temples aux portes impressionnantes ornées de magnifiques détails. Je laisse parler les photos.  

 
Vive le recyclage!









On s’arrete déjeuner et avalons de bons Dim Sum. Ce qui continue à nous fasciner c’est la finesse avec laquelle les plats culinaires sont reproduits, de raies œuvres d’art, on se laisserait tentés à les dévorer. 






Il fait tellement chaud que nous partons trouver un coin d’ombre dans un parc, c’est salvateur. La chaleur écrasante nous fait d’ailleurs renoncer à poursuivre notre marche a travers la ville que nous avons déjà bien exploré. 
un peu d’architecture occidentale au milieu de nulle part
 



Nous repartons vers Tokyo car nous devons prendre un bus pour se rendre dans la petite ville de montagne, Kawagushiko afin de prendre un autre bus pour la 5eme station, point de départ pour l’ascension du Mont-Fuji. On avale un diner rapide dans un resto italien, on rajoute à ça un cornet de frites, on sait de tout manière que ce sera vite consumé. Devant le bus, nous faisons connaissance avec un texan qui lui aussi souhaite réaliser le rêve d’atteindre le sommet du symbole nippon, à l’inverse de nous il attaquera la montée que le lendemain. Apres 2h de bus, on enchaine avec un autre bus (1h) et à 22h nous voila enfin à la 5eme station prêt pour un périple pédestre de 6h. 




 c’est parti pour une nuit blanche dans l’effort


Enfin prêt peut être, mais pas préparés, comme lors de l’ascension du Mont-blanc mais il existe des choses que l'on se dit devoir faire au moins une fois dans sa vie et gravir le Mont Fuji était sur ma liste! Alors il n'était plus question de reculer. En plus ’ascension du mont en lui même ne peut se faire que pendant une courte période dans l’année jusqu’à la fin Aout dons on est vraiment au bon endroit au bon moment. Dès le début de la marche, nous sommes sous une canopée d’étoiles d’où l’on peut admirer des constellations jamais aperçues auparavant. La quasi pleine lune est magnifique, et offre un phare sur le spectacle grandiose qu'est la nappe de nuages recouvrant la vallée... en fait le reste du monde, tant ça semble s'étendre jusqu'à l'horizon ! Le temps est juste parfait, on est en T-shirt, le dénivelé est quasiment inexistant, c’est un volcan après tout et ce n’est pas la cohue. Au bout de 15 min, on aperçoit toute une lignée de frontales et là on se dit que c’est le début de la galère car il va falloir doubler tout ce monde et user de malice pour se frayer un chemin sur le coté. Pas évident lorsque l’on doit enjamber des rochers mouillés, car en plus on essuie notre première averse, ou plutôt une vraie douche! Nous enchainons les pauses aux différents paliers où se trouvent les refuges au fur et à mesure que nous montons en altitude. 




 
Les gens, de toute âge et même des septuagénaires réalisant le rêve de tout japonais d’atteindre le sommet du volcan, avancent extrêmement lentement et forment des bouchons innommables qui cassent notre rythme, rajouté à ça, la pluie qui s’abat par intermittences et le manque de sommeil qui est d’autant plus présent avec l’altitude croissante, on craque et demandons à dormir pendant 1h dans un refuge (5€/h). Malheureusement, on essuiera un refus car ils n’acceptent que les gens ayant réservé, le pire c’est qu’ils refusent aussi qu’on s’abrite dehors 5 minutes sous le peu de toit qui dépasse du refuge, vraiment pas cool! On a pas le choix, il faut tenir jusqu’au bout, nous repoussons nos limites au max, mon ipod est à fond pour me garder éveillée et je croise les doigts pour ne pas trébucher, en même temps je sais que je ne risque pas de dévaler engoncée dans cette masse humaine. Les dernières centaines de mètres sont les plus épuisants car les gens sont carrément arrêtés, je vois le soleil qui commence à pointer son nez à l’horizon, je puise dans mes dernières réserves et accélère le pas pour sortir du sentier bien que ce soit très glissant et dépasser la foule. A 4h20 nous atteignons enfin le sommet. 3875m, au dessus des nuages avec un lever de soleil qui efface pendant quelques minutes les efforts déployés, je ne peux m’empêcher de comparer avec le lever du soleil sur le toit de l’Europe que j’avais tant admiré 4 ans plus tôt, celui-ci est tout aussi magique. Un autre rêve concrétisé. 












Le sommet se résume quant à lui à un cratère, des cailloux, et des distributeurs de boissons hors de prix, on s’effondre littéralement sur une banquette dans le resto surpeuplé, on dort pendant 20 minutes et il est déjà temps d’attaquer la descente...aux enfers. Le chemin de la descente est vraiment horrible. Les pieds s'enfoncent dans le mélange pierre-sable, se tordent, heureusement que j’avais mes chaussures de rando, ce qui n’était pas le cas de tout le monde. D’ailleurs on assistait à une flopée de chutes qui s’enchainaient.  Finalement on arrive enfin à la 5eme station, les genoux en compote et avec une belle averse, à 10 minutes prés on l’aurait évité.






Nous retrouvons l’américain de la veille qui est sur le point d’entamer son ascension sous la pluie, je le plains. Nous devons encore patienter 1h avant que le bus nous ramenant à Kawaguchiko arrive. Je suis épuisée, je crois que je me suis jamais sentie aussi exténuee de ma vie, je pourrais dormir n’importe où, à tel point qu’une fois à bord du bus hyper bondé, je m’affale sur le sol et tombe dans un sommeil profond. J’étais à bout. Nous arrivons enfin âpres 1 bonne heure, réservons un hostel, récupérons nos sacs des consignes, allons déjeuner pour refaire le stock d’énergie, passage à la douche et enfin crash direct sur nos lits. Il est 13h et nous dormirons jusqu’à 5h le lendemain, et là en ouvrant la fenêtre le voila enfin, le majestueux volcan nippon qui ose enfin se montrer alors qu’après 7h, déjà  enfoui sous les nuages. 


Un bonus de plus qui gravera dans ma mémoire l’expérience inoubliable de la veille. Tout le monde dort encore, on en profite pour se ruer sur les ordis connectés de la salle commune et déconner un peu en adoptant la tenue locale puis après un bon p’tit déj, nous partons prendre notre bus pour Gotenba.




En attendant le bus, 2 petites japonaises insisteront pour nous faire participer à une interview en nous filmant et en nous posant plein de petites questions dont la fameuse « quel est ton Pokemon préféré ? », elles étaient toutes fières. Le trajet en bus n’est pas des plus tranquilles, la route est sinueuse et le chauffeur n’adapte pas une conduite approprié, mon estomac s’accroche tant bien que mal. Arrivés à Gotenba, on achète un billet de train pour Nagoya qu’on rejoindra dans la soirée et en attendant partons visiter la ville. 

Mr Propre se dope à la Nicotine, c’est marrant qu’ils n’aient pas pris un autochtone..
On part déjeuner dans un resto où absolument personne ne parle anglais, pour changer,  puis marchons quelques km sous un soleil de plomb afin de rejoindre un magnifique temple bouddhiste qui abrite soit disant les restes de la vraie statue de Bouddha en Inde. Le jardin est très agréable et nous profitons pleinement du lieu. 




Il est temps de rentrer prendre notre train pour Nagoya, j’appelle Yoco, seule CSurfeuse ayant répondu positivement à mes requêtes depuis que nous sommes au Japon. Elle est très sympa et prépose de nous accueillir ce soir, soit dans quelques heures. Comme d’habitude, le train est d’une ponctualité déconcertante, très propre et confortable. Plusieurs étudiants font leurs devoirs dans le train, on en a vu descendre après 2h de trajet, dire qu’ils font ça tous les jours. Le seul hic c’est que nous avons 3 changements et arrivons enfin vers 23h30 pour apprendre qu’il n’y a plus de bus après 22h30. J’appelle Yoco pour la prévenir, un peu embarrassée vu l’heure puis sautons dans un taxi pour la rejoindre. Le chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais il est adorable et se plie en 4 pour demander aux gens l’adresse qu’on lui a donné en anglais. Une fois les présentations faites, Yoco nous conduit à son appart. Nous découvrons au 11ème étage avec ascenseur le nid de Yoco, son mari et leur bébé ! L’appartement n’étant pas très grand, nous dormirons sur un matelas installé dans le salon spécialement pour nous. Nous discutons un petit moment avec Yoco mais comme il est tard et qu’elle doit se lever à 6h le lendemain pour préparer le p’tit dej de son mari, nous la laissons dormir et faisons de même. A notre réveil un p’tit déj copieux et sain nous attend sur la table. C’est incroyable! 
un délice
so cute
Ca fait du bien de partager à nouveau la vie des locaux, il faut dire que depuis que nous sommes au Japon, nous n’avons pas encore eu l’occasion de passer du temps avec les autochtones, et ça commence à vraiment nous manque, on a l’impression de passer a coté de quelque chose. Pourquoi le CS est plus compliqué au Japon ? Hmm, d’une part les appartements sont minuscules, de vraies cages à lapin, donc héberger 2 personnes n’est pas envisageable. D’autre part, ce n’est pas vraiment dan la culture d’héberger des inconnus. 
les cages à lapin
Yoco est vraiment adorable et se plie en 4 pour nous aider et annule notre réservation d’hôtel puisqu’elle se propose de nous héberger une nuit de plus. Nous commençons notre visite de la ville, d’abord la gare puis le château de Nagoya, magnifique relique du passé reconstruite en 1959 après un incendie. La visite est épuisante sous le soleil cuisant. De là nous partons arpenter les petites ruelles où l’on peut apercevoir les petites maisons traditionnelles allongées de l'époque. Quand les maisons se sont construites, il y avait une taxe qui dépendait de la longueur de la façade, c'est pourquoi les maisons sont très fines et allongées. 
 une pointe d’Occident





On reprend ensuite le métro pour se rendre dans le quartier d’Osu où l’on peut parcourir des km de boutiques allant du kimono traditionnel au dernier produit High Tech. On tombe d’ailleurs sur un magasin, sorte d’antique de tous les trucs qu’on pouvait trouver dans les années 80-90 du genre cartes à collectionner, figurines…de vraies madeleines de Proust pour nous, j’aurais pu y passer des heures. Je goute à une spécialité japonaise faite de pate sucrée enrobée de feuilles de chêne, pas très gouteux mais pas degueu non plus. 









pas tres ragoutant



On trouve ces distributeurs de boissons un peu partout en plein milieu des rues
Epuisés, nous rentrons chez notre petite famille. En arrivant nous découvrons le diner déjà prêt sur la table et notamment tout l’attirail pour faire des sushis. Son mari rentre du boulot et passe directement à la douche, oui Yoco semble avoir une obsession avec ça et nous demande de prendre une douche à chaque fois qu’on franchit le pas de la porte. On ne sait pas trop comment le prendre, probablement un trait de la culture japonaise. On passe une très bonne soirée autour d’un bon repas traditionnel en compagnie de notre petite famille japonaise.




Le lendemain nous continuons notre visite de la ville. Dès que l’on franchit le pas de la porte, nos oreilles sont alors victimes des décibels du chant assourdissant de milliers de grillons locaux sont aussi grands que la main. On comprend maintenant pourquoi ils sont 10 fois plus bruyants qu'en France. Je suis même contrainte de me parer de boulquies. Nous partons rejoindre des amis de Yoco dont une vit en Malaisie, on en profite pour glaner de bons conseils et déjeunons ensemble dans un resto plutôt sympa. D’ailleurs dans les restos japonais, on apporte l’addition avec les plats ce qui est assez pratique finalement. Nous disons au revoir à notre super hôte Yoco et ses amies car nous avons un bus à prendre, direction Kyoto. 







Sur la route vers Kyoto

mercredi 28 juillet 2010

Washington, Baltimore, Newark, New York: la boucle est bouclée.

Après 5h de route, nous arrivons à Washington DC et rencontrons Carl, notre hôte qui va nous héberger pendant 3 jours. Il a 45 ans et vit seul dans un appartement d’une résidence très calme. Il est assez discret et peu bavard de prime abord et nous propose d’aller se promener dans un grand parc marécageux où la faune sauvage est en abondance. Il est déjà presque 21h, c’est l’heure idéale pour tous ceux qui veulent assister à une véritable symphonie de croassements, c’est impressionnant, ils imitent vraiment le son du banjo ! On y croise castors et daims, et sommes en admiration devant la beauté du spectacle, en plus nous avons le privilège d’être les seuls dans cette partie de la réserve devant un splendide coucher de soleil. Je comprends pourquoi Carl est devenu un adepte de ce lieu.
Le lendemain nous nous levons de bonne heure pour aller faire du canoë sur le Potomac avant qu’il ne fasse trop chaud. Une fois dans notre embarcation, nous utilisons l’huile de coude et ramons pendant plus de 2h, mes bras sont mis à rude épreuve et ma résistance aussi car le soleil commence à frapper fort. Ceci dit c’est très agréable et on peut déjà observer quelques monuments tels que le Lincoln memorial et le Washington memorial.
Nous partons faire le plein d’énergie dans un resto italien d’Alexandria dans la banlieue de Washington et discutons un bon moment avec Carl qui nous explique qu’il attend d’être licencié de sa boite d’import/export pour s’expatrier un an en Amérique centrale. Nous rentrons faire une petite sieste réparatrice avant d’attaquer la visite de la ville en métro, c’est beaucoup plus pratique qu’en voiture. La chaleur est écrasante, j’enchainer les bouteilles d’eau, moi qui ne bois pas beaucoup normalement, j’ai complètement changé mon niveau d’hydratation. Nous arrivons au Mall, lieu où se regroupent tous les principaux monuments gouvernementaux, on essai de se déplacer en dépit de la chaleur, c’est harassant. L’obélisque (Washington monument) est très impressionnant ainsi que la masse de touristes qui l’entoure. On traverse la route pour se rendre à la Maison Blanche où des vigiles sont postés sur le toit, prêts à intervenir à tout moment. Elle me parait plus petite que ce à quoi je m’attendais.
Nous enchainons avec le Lincoln memorial et son imposante statue et le Jefferson memorial. Rémi part visiter le capitole mais je capitule devant la chaleur et préfère rester prés de l’obélisque pour observer le coucher de soleil. Après une heure d’attente, Rémi n’est toujours pas là donc je rentre chez Carl seule en métro. Finalement Rémi rentre quelques heures plus tard échappant de justesse à un bel orage.
Une bonne nuit de sommeil et nous quittons la maison de Carl qui est déjà parti bosser et repartons vers le centre de Washington pour finir la visite des monuments du Mall mais en voiture cette fois. C’est une vraie galère pour la garer, on tourne encore et toujours avant de finalement trouver une place. J’ai enfin l’occasion de voir le capitole dont l’architecture et les détails de sa façade sont magnifiques. La police est néanmoins présente partout et le sentiment d’être surveillé dans ses moindres faits et gestes est un peu pesant. Avant de reprendre la route, je profite du wifi trouvé devant notre place de parking pour envoyer quelques requêtes CS de dernière minute pour Philadelphie que nous devons atteindre dans 2 jours. Il ne s’écoule pas 10 min avant que je reçoive une réponse positive, on est vraiment chanceux. On déjeune au fast-food et partons vers Baltimore qui se trouve à seulement une heure d’ici. A l’approche de la ville, nous apercevons tout un cortège de véhicules de police fonçant en direction opposée, genre course poursuite. On a déjà un avant gout de la mauvaise réputation de Baltimore qui détient un taux de criminalité parmi les plus élevés du pays. Ca n’arrange pas nos affaires pour ce soir car nous n’avons pas trouvé d’hôtes pour nous héberger et devons passer une nuit dans la voiture n’ayant pas le courage de chercher un hôtel décent ce qui n’est pas chose facile là-bas. Et puis au moins on ne prend pas le risque de se faire démonter les roues voire voler la voiture, pratiques assez courantes ici.
On a bien vadrouillé dans la ville et ne tardons pas à trouver le sommeil malgré le manque de confort et l’insécurité, après tout ce n’est pas la première fois et surement pas la dernière.
Le lendemain on se réveille pas très frais mais la nuit a finalement été plutôt bonne, RAS. On prend un petit déj et continuons la visite de la ville qui s’avère très charmante, on s’arrête un moment à la bibliothèque pour profiter du wifi et de la clim’, c’est devenu indispensable ces dernières semaines. On part ensuite au port, lieu très animé et très agréable, je flâne un bon moment dans un magasin de livres qui s’est installé dans une ancienne fabrique désaffectée et qui regorge de livres très originaux. On avale un très bon plat végétarien, je passe un coup de fil à notre hôte de ce soir et partons marcher jusqu’au promontoire d’où l’on peut observer la vue sur Baltimore. Malheureusement notre pause sera soudainement interrompue par une averse. Une fois le soleil de retour nous partons rejoindre notre hôte Brian qui nous invite à le rejoindre dans le parc proche de son appart où se déroule un concert irlandais gratuit. Le concert n’est pas super intéressant mais on en profite pour converser avec le coloc de Brian qui est suédois et fait son internat à l’hôpital de Baltimore qui est réputé pour être le meilleur au monde. C’est toujours intéressant d’avoir les impressions d’un expat européen et c’est encore une occasion pour moi de pratiquer mon danois en l’adaptant un peu au suédois, il suffit de rouler les «r ». Une fois le concert terminé nous rentrons chez nos hôtes, l’appart est très bien décoré et spacieux, avec en plus une cheminée dans chaque pièce. Nous rencontrons la dernière coloc et partons boire un verre en ville dans un bar dont nos hôtes sont des fidèles, 2 amis à eux nous rejoignent et nous passons un bon moment à discuter et plaisanter sur la terrasse. 2 des colocs nous proposent de franchir la porte d’à coté pour terminer la soirée dans un karaoké où il n’y a pas foule mais encore une fois on s’éclate bien.
Le lendemain, levés à 7h nous reprenons la route vers Philadelphie ou Philly comme ils l’appellent ici, ville de naissance de la démocratie américaine. Nous avons rdv avec Judy, membre de CS, qui se propose de nous faire un tour de la ville avec d’autres membres de CS qui découvrent eux aussi la ville. Après avoir galéré pour se garer, on rejoint le groupe qui a bien voulu nous attendre avec plus de 30 minutes de retard. Nous sommes donc 2 français un couple de chinois, 1 ghanéenne et 2 belges qui nous rejoindrons plus tard.
Judy qui joue les guides aujourd’hui est une femme de 72 ans qui possède une sacrée expérience du voyage, elle a commencé à explorer les recoins du monde très tôt surtout en faisant du stop. Il fait 38°C et cela ne semble pas beaucoup la déranger, elle ne manque vraiment pas d’énergie alors que pour nous le moindre effort est épuisant et la plupart du temps nous écoutons ses explications sur l’aspect historique des monuments dehors en plein cagnard. Les passages dans les musées sont un vrai soulagement. Nous arpentons les rues où nous pouvons admirer les différentes architectures des habitations les plus traditionnelles à propos desquelles Judy nous apprend pleins de petits détails très intéressants. Philadelphie est surtout connue pour sa riche histoire américaine et ses monuments de liberté et libération. Nous filons ensuite vers deux des plus grands symboles de liberté: la cloche "Liberty Bell" et juste en face l' "Independence Hall", c’est ici que la déclaration d'indépendance a été signée le 4 Juillet 1776 et que la Constitution des ´Etats Unis a été écrite en 1787, le lieu est assez impressionnant. On enchaine avec la maison de Betsy Ross qui a confectionné le premier drapeau américain, on peut ainsi se promener entre les différentes pièces dont le mobilier et les ustensiles datent du 18ème siècle et profitons des commentaires des guides habillés en costume traditionnel, là encore, la clim est salvatrice. Il est 18h et Judy nous propose de continuer la visite en voiture. Les 2 chinois montent avec elle et les 2 belges, un père et sa fille en vacances ici pour 2 semaines, très sympa d’ailleurs, seront nos passagers. Nous essayons de suivre Judy mais suivre quelqu’un dans le trafic de Philly c’est plutôt dangereux, d’autant plus qu’elle a une fâcheuse tendance de toujours passer à l’orange. On enchaine les pauses à chaque monument valant le coup d’œil. Nous montons les marches menant au musée d’Art comme le faisait Rocky dans le film du même nom, d’ailleurs il y a sa statue juste à coté. Ce musée surplombant la ville offre une très belle vue. Judy est d’ailleurs un peu nostalgique en nous expliquant que lorsqu’elle était jeune, la vue était beaucoup plus aérée car il n’y avait pas de gratte-ciels. Apres plusieurs arrêts sur les hauteurs de la ville où nous avons bien mitraillé, nous finissons la journée tous ensemble chez Judy qui nous invite à diner. Sa maison est spacieuse et cerise sur le gâteau, une des pièces est entièrement consacrée aux souvenirs qu’elle a ramené des différents pays, poupées, statues et autres miniatures ont envahis chaque cm² des étagères. On se croirait dans un musée ! Judy et le belge s’attèlent en cuisine, l’ambiance est très cosy et les plats sont variés et exotiques, notamment un met africain épicé dont Judy avait appris les secrets de préparation lors d’un voyage là-bas.
Nous partons ensuite chez notre hôte, Tim, qui habite en centre ville, ça c’est pratique et accompagnons par la même occasion le couple chinois à la gare car ils partent découvrir les chutes du Niagara. Arrivés chez Tim très en retard, je n’arrive pas à le joindre et heureusement qu’il m’a donné le numéro de sa coloc Corinn qui va finalement pouvoir nous accueillir. L’appart est très beau, bien agencé et en plus il y a un toit terrasse avec vue imprenable sur la ville, de nuit on peut voir tous les gratte-ciels éclairés, c’est magique! On en profite pour discuter un peu, elle nous explique qu’elle est infirmière et qu’elle ne voit pas beaucoup Tim qui lui est urgentiste et fais des gardes de nuit.
Apparemment ils ne font que se croiser et ça la ravi car ça leur permet de garder une bonne relation. Il est 23h et nous laissons Corinn dormir car elle bosse le lendemain, et faisons de même.
Il est 7h30 lorsque j’entends une voix prés de mon oreille me dire « Hey, I’m Tim. Sorry to wake you up, I need to sleep », ok, j’avoue que c’est la première fois que quelqu’un se présente et me vire du lit en même temps, j’ai quand même eu droit à 10 minutes de prolongation pour émerger. Corinn nous avait présentait ça comme une chambre d’ami et non pas celle de son coloc, en même temps, le journal intime trouvé par hasard dans le lit aurait du me mettre la puce à l’oreille. Bref, c’était bizarre. On laisse dormir notre hôte qui a bossé toute la nuit et partons visiter le reste de la ville. Il est tôt mais le soleil frappe déjà fort, nous nous perdons dans les petites rues très charmantes et exemptées de touristes, toujours à l’affut d’une peinture murale, il y en a 17 dans la ville mais pas toujours visibles. Nous montons une fois de plus les marches du musée d’Art pour prendre un cliché de la ville avec une autre lumière. On aurait bien visité le musée mais le prix exorbitant nous en dissuade. On marche le long de la Benjamin Franklin Parkway, sorte de Champs-Elysées, où se trouve le musée du temple Masonnique qui ressemble à une magnifique cathédrale, très impressionnant autant à l'intérieur que de l’extérieur. Nous rejoignons Market street et déjeunons pas loin du One Liberty Place, le gratte-ciel le plus haut de Philadelphie et continuons dans les petites rues du centre ville et les squares qui offrent quelques coins d’ombre. L’envie nous prend d’aller voir un film, on dine à la 4eme vitesse et nous pressons pour assister à la séance de 19h30 pour voir le film Inception. Le cinéma se trouve dans une petite rue de la vielle ville, on arrive juste à temps, achetons nos billets, 8$, pas donné, et allons nous trouver une place. On a tellement l’habitude des salles aux écrans géants, à fortiori aux US, qu’on reste sans voix à la vue du petit écran et des sièges grinçants pas très confortable. Bref, de bonnes réminiscences des salles des années 80, ce n’était pas déplaisant finalement en plus le film était plutôt bien et on n’a pas vu les 2h30 passer. Nous rentrons chez Tim et Corinn qui était sur le point de se coucher. Epuisés on s’effondre sur le lit.
Le lendemain nous sommes debout assez tôt pour rendre son lit à son propriétaire, on a adopté le nouveau concept du «bedsurfing » et nous trouvons Tim endormi sur le sofa. Il se réveille et nous explique qu’il a terminé sa garde plus tôt, nous avons enfin l’occasion de discuter un peu et Tim nous relate quelques anecdotes des plus surréalistes sur les patients des urgences. Nous le laissons dormir et repartons en ville pour la dernière fois. La canicule est toujours présente, nous marchons un long moment jusqu’à la rivière Delaware, sur Penn’s Landing d’ou l’on a une jolie vue sur le Benjamin Franklin’s bridge et déjeunons dans le même quartier. Sur les conseils de Judy, on fait une halte dans le musée dédié à Benjamin Franklin, très intéressant, le petit film «Ben et moi » qui relate de façon brève et ludique la vie de Franklin est un bonus.
Il est temps de rentrer dire au revoir à nos hôtes et de prendre la route vers Newark dans l’Etat de New Jersey, ça sent déjà la fin du voyage pour ce qui est de la partie Amérique du nord. Nous n’échappons pas aux embouteillages mais heureusement que la clim est là pour nous soulager, nous traversons la ville de Newark qui ne semble pas très attractive, les gens conduisent comme des malades et stagnent en plein milieu de la route. Nous arrivons chez notre hôte Will dans la soirée qui partage une maison dans un quartier calme avec 2 autres étudiants. Ils sont vraiment très cool, et nous passons une bonne soirée à discuter autour de quelques verres et autres, et nous initient à un jeu typiquement américain où il vaut mieux bien savoir viser. Ils nous confirment d’ailleurs la mauvaise réputation de Newark mais bien que l’aperçu qu’on en a eu de nuit nous ait un peu rebuté, on veut quand même réitérer car même des villes comme Detroit ou Baltimore nous ont agréablement surpris, malgré leur mauvaise image. Il est 3h lorsque nous abandonnons nos hôtes qui comptent poursuivre la soirée dans un bar, et partons nous coucher, c’est fou comme la fatigue nous atteint plus vite après plus d’un mois de voyage. Le lendemain, nous prenons un p’tit déj avec eux et filons visiter la ville avant de reprendre la route vers notre destination finale New York city. On s’arrête notamment visiter l’impressionnante cathédrale du sacré cœur, une des plus grandes cathédrales gothiques du pays. L’architecture des monuments en centre ville est généralement de style gothique et détonne avec les gratte-ciels des années 20. Nous déjeunons dans le quartier de la Passaic river et filons vers NYC. Nous empruntons le pont de Mannhatan dont le prix est assez onéreux mais la vue magnifique, et nous engouffrons dans les embouteillages de Manhattan, ce que je m’étais juré de ne jamais faire. La traversée de la ville jusqu’à Brooklyn est moins pénible que ce que je m’imaginais bien qu’il faille toujours essayer de se frayer un passage entre les voitures mais finalement j’ai trouvé que ce n’était pas pire qu’à Paris, le quadrillage New Yorkais aidant. La voiture enfin garée dans la rue de notre hôte Tom, nous partons nous promener dans le quartier avant de le rejoindre un peu plus tard. Il y a une très bonne atmosphère dans les rues, toutes les bornes à incendie sont ouvertes pour que les gamins puissent se rafraichir, quelques femmes avec des bigoudis sont postés à leur fenêtre avec une vielle sono à fond, on se croirait dans les années 90. En fin d’aprèm, on part rejoindre Tom qui vit dans un bâtiment d’artistes, aux allures de hangar. Tom a la 50aine, photographe et a quitté la Caroline du nord ainsi que sa femme et sa fille pour s’installer à NYC. Son appart composé d’une pièce unique qu’il partage avec un ami est soit disant un studio de photo sauf que j’ai rarement vu un appart aussi vide, pas un sofa ou lit, une petite table, 3 chaises, un banc public récupéré et un Mac et surtout aucune déco sur les murs blancs, même pas une photo dans un cadre ni d’endroit pour les développements. Aussitôt la porte franchie, Tom nous fait tout un topo sur les règles à suivre pendant notre court séjour ici. La liste n’est pas exhaustive, laisser ses chaussures sur une surface d’1m² à l’entrée, utiliser les petites lingettes pour nettoyer la table, utiliser le ballet équipé de sa lingette pour nettoyer la salle de bain, partir le matin avant 8h59 et rentrer avant 22h. 1ère impression : un peu rabat-joie le mec. ll nous dit quand même qu’on peut se servir dans le frigo mais que la plupart des aliments ne sont pas forcément consommables car il récupère des produits dont la date de consommation a déjà expiré. De toute façon ce n’est pas dans notre habitude de grappiller dans le frigo de nos hôtes. 10 minutes plus tard, une autre CSurfeuse d’une 60aine d’années se joint à nous, mais comme nous sommes dans le noir, oui Tom n’allume pas la lumière car ça agraisse ses yeux donc on se repère dans la pièce grâce à la seule source de lumière, une veilleuse et nos téléphones accessoirement. Tom doit partir rejoindre un ami pour faire une marche nocturne de 2h et nous laisse en compagnie de Genia. On passe toute la soirée à discuter autour de quelques bières, c’est une femme qui a grandi dans une petite ville de l’Iowa puis en Pennsylvanie où elle a du s’accoutumait à la culture Hamish, sa vie était digne de la série « la petite maison dans la prairie ». Elles a beaucoup d’humour et nous raconte plein d’histoires anecdotiques, on ne voit pas le temps passé, son regard critique sur la société américaine et le tableau plutôt noir et pathétique qu’elle en dresse nous interpelle, on a appris beaucoup de choses ce soir là. J’ai quand même été choquée quand elle nous apprend que lors d’un sondage anonyme auprès des filles dans un collège au sujet du métier qu’elles souhaitent exercer plus tard, 95% d’entre elles ont répondu prostituée. Argument : meilleur moyen de se faire de l’argent en un minimum de temps. Mouais…
On saute sur l’occasion pour lui demander pourquoi les infirmières gardent leur tenue de travail en dehors de l’hôpital, on ne savait pas si c’était obligatoire ou si c’était par fierté. Elle nous affirme que c’est par pure arrogance, on sait bien que la société américaine aime étaler ses symboles de statuts sociaux mais là je reste un peu sceptique. Epuisés nous partons rejoindre notre tapis et sac de couchage, on passe du couchsurfing au camping «indoor » pour les 2 jours à venir. Genia, inquiète de laisser toutes ses affaires dans sa voiture dans ce quartier de Brooklyn, passera la nuit dans sa voiture. A la réflexion, je me demande si ce n’est pas plus confortable de dormir dans la voiture plutôt que sur le sol, enfin vu que la sienne était pleine à craquer, j’en doute.
Le lendemain, on a quelques courbatures d’avoir dormi à même le sol, ça me rappelle que finalement on a fait que très peu de camping, le dernier datant du Nouveau Brunswick, c’est là qu’on réalise qu’on a fait beaucoup de CS et que les gens qu’on a rencontré ont toujours su nous offrir un coin confortable pour passer nos nuits. D’ailleurs chez nos hôtes précédents, on était toujours en compagnie de chats qui n’hésitaient pas à dormir avec nous et je dois dire qu’un ronronnement de chat est bien plus agréable que l’appareil respiratoire de Tom. Il est 9h03 lorsqu’on décolle de l’appart, oups! Une fois nos Day-Pass en main, on part se promener dans central park, le dimanche c’est vraiment agréable, les gens font leur footing, les écureuils sont toujours aussi dociles. On flâne un bon moment dans les rues, c’est bon de ne plus courir après le temps. On décide de retourner vers City Island pour aller se reposer à la plage, le trajet en métro est très long et une fois arrivés, on a à peine le temps de se refugier dans un resto Subway qu’un orage éclate. J’adore observer ce qui se passe dehors lorsque je suis à l’abri. Finalement le temps ne s’arrangeant pas, nous reprenons le métro en sens inverse, les gens sont trempés et ont du fuir la plage très rapidement, on se serait cru dans un film d’horreur, la clim est un supplice pour eux, ils sont littéralement frigorifiés. Nous descendons à la 42éme rue et partons s’abriter à Macy’s où à la vue des prix pratiqués ici, j’en ressortirais frustrée sachant que je suis limitée niveau volume et poids de mon sac mais je ne résiste pas à un achat léger. Le temps s’étant éclaircie, nous partons assister au coucher de soleil sur la rivière Hudson à Greenwitch, c’est magnifique, je réalise qu’il ne reste plus que 2 jours et je crois que je commence à avoir le blues. Il est 21h et le couvre feu est à 22h, nous nous pressons pour rentrer chez Tom. Nous découvrons le visage de son coloc, un certain Markus qui n’a pas l’air très frais. Tom nous offre une bière et Markus s’engage dans le récit de ses histoires un peu sordides lors de ses trips en auto stop. L’ambiance est assez bizarre, Tom a les yeux rivés sur son ordinateur qu’il ne quittera pas jusqu'à ce qu’il aille se coucher, Markus est terriblement ennuyant, bref c’est pesant. Un autre CSurfeur suédois se pointera sur le tard, son tour du monde s’achève demain, on s’attend à se divertir un peu mais à l’écouter ce mec s’avère vraiment arrogant et trop argenté, en réalisant qu’il voyage avec une valise, je ne suis pas étonnée de son attitude bien éloignée de celle d’un routard. Un autre CSurfeur américain très jeune arrivera un peu plus tard et passera une bonne partie de la nuit à enchainer les divx sur son laptop.
Le lendemain, je suis plutôt matinale et m’empare de la salle de bain avant qu’elle soit occupée, on est quand même 6 personnes à partager le sol de ce petit appart. Nous partons assez tôt car nous avons pas mal de choses à faire, direction la laverie en bas de la rue, puis achat des billets d’avion de Rémi qui continuera l’aventure avec moi au Japon. Nous continuons avec Staten Island où je ne suis pas retournée depuis 4 ans, à la montée dans le ferry, tous les souvenirs reviennent, notamment 2 très belles rencontres, Hélène et Soyoung qui avaient été des hôtes vraiment chaleureux. Et puis ce lever de soleil magnifique en quittant l’ile et NYC pour se rendre à l’aéroport. La traversée en ferry est toujours aussi agréable d’autant plus en été. On passe l’après midi à flâner dans les rues de l’ile. On enchaine avec une ballade dans le quartier d’East River, le soleil est sur le point de se coucher et la lumière sur Brooklyn est somptueuse, on se sent juste bien. La nuit tombée, on rend une dernière visite à Times Square, toujours aussi animé, nous passons devant les gradins qui étaient devenus le lieu de RDV de nos potes de galère, Fred et Vincent, je suis nostalgique. Le SMS de Tom nous ramène à la réalité, il est 22h30 et il nous prie de rentrer. On quitte notre quartier préféré un peu précipitamment et après 30 min de métro, on se retrouve devant la porte fermée, impossible de joindre Tom ou Markus, on attend en espérant que quelqu’un rentre dans le bâtiment et la chance nous sourit 5 minutes plus tard. Notre hôte et son coloc n’ont même pas daigné décrocher leur téléphone alors qu’ils étaient bien éveillés. Peu importe. On ne s’attarde pas à essayer de faire la conversation, frustrée d’avoir du écourter ma dernière nuit dans la ville qui ne dort jamais.
Le lendemain matin, Tom est beaucoup plus entrain à converser, il semble enfin s’intéresser à notre vie. Apres 2 jours passés en sa compagnie où il ne nous a quasiment pas adressé la parole, c’est surprenant mais pas autant que sa demande de contribution au paiement de son loyer à savoir 25$/pers/nuit. Ce rapiat de Tom est aux antipodes de l’esprit CS, bien qu’il nous ait offert quelques cm² de sol, je sais que nos chemins ne se croiseront plus jamais. Je repense à tous ces gens qui nous ont hébergés, leur hospitalité, leur gentillesse, leur sourire, leur compagnie, tout ça c’était gratuit et ça n’a pas de prix. Nous quittons Tom sans aucun regret et partons vers l’aéroport afin de rendre notre voiture. Un petit nettoyage et un plein plus tard, nous nous séparons de notre compagnon de route, qui ne nous a pas lâché une seule fois et qui nous a même servi de toit pour passer la nuit à de rares occasions.
Voilà, le voyage s’achève pour ce qui est de la plus longue partie de ce périple, 40 jours de bonheur en Amérique du nord à explorer les lieux incontournables de la Nouvelle-Angleterre et du sud du Canada et où surtout le mot hospitalité a pris tout son sens. Demain on s’envole vers le Japon, autre continent, autre culture à laquelle nous avons jamais été confrontés. Je suis triste de quitter l’Amérique mais ce voyage m’a conforté dans mon projet d’expatriation aux US, et je sais que j’y reviendrais dans pas longtemps. Bien que j’ai mis un temps colossal à publier ces quelques billets, je suis contente d’avoir finalement terminé cette partie. Je ne garantie pas de rattraper mon retard, ça me semble même irréaliste mais avec une bonne dose de motivation il se pourrait que j’arrive jusqu’en Inde.